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1 mai 2011 / sosthye

Lectures !


L’anthropophagie… ne se meurt point !
 
Graffiti

Cette branche trop négligée de l’anthropologie, l’anthropophagie ne se meurt point, l’anthropophagie n’est point morte.
Il y a, comme on sait, deux façons de faire de l’anthropophagie : manger des êtres humains ou être mangé par eux. Il y a aussi deux manières de prouver qu’on a été mangé ; pour l’instant nous n’en examinerons qu’une : si La Patrie du 17 février n’a point fardé la vérité, la mission anthropophagique par elle envoyée en Nouvelle-Guinée aurait pleinement réussi, si pleinement qu’aucun de ses membres n’en serait revenu, exception faite, ainsi qu’il sied, des deux ou trois spécimens que les cannibales ont coutume d’épargner afin de les charger de leurs compliments pour la Société de Géographie.
Avant l’arrivée de la mission d’anthropophagie, il est vraisemblable que, chez les Papous, cette science était dans l’enfance : il leur en manquait les premiers éléments, nous osons dire les matériaux. Les sauvages, en effet, ne se mangent pas entre eux. Bien plus, il appert de plusieurs essais de nos vaillants explorateurs militaires en Afrique, que les races de couleur ne sont pas comestibles. Qu’on ne s’étonne donc point de l’accueil empressé que les cannibales firent aux blancs.
Ce serait une erreur grave, néanmoins, de ne voir dans le massacre de la mission européenne que basse gourmandise et pur souci culinaire. Cet évènement, à notre avis, manifeste l’une des plus nobles tendances de l’esprit humain, sa propension à s’assimiler ce qu’il trouve bon. C’est une très vieille tradition, chez la plupart des peuples guerriers, de dévorer telle ou telle partie du corps des prisonniers, dans la supposition qu’elle recèle telle vertu : le cœur, le courage ; l’œil, la perspicacité, etc. Le nom de la reine Pomaré signifie “mange-l’œil”. Cet usage a été moins suivi du jour où l’on a cru à des localisations moins simples. Mais on le retrouve, intégral, dans les sacrements de plusieurs religions, basés sur la théophagie. Les Papous n’ont eu en vue, quand ils dévorèrent les explorateurs de race blanche, qu’une sorte de communion avec leur civilisation.
Si quelques vagues concupiscences sensuelles se sont mêlées à l’accomplissement du rite, elles leur ont été suggérées par le chef même de la mission anthropophagique, M. Henri Rouyer. On a beaucoup remarqué qu’il parle avec insistance, dans sa relation, de son ami “le bon gros M. de Vriès”. Les Papous, à moins qu’on ne les suppose inintelligents à l’excès, n’ont pu comprendre que : bon c’est-à-dire bon à manger ; gros, c’est-à-dire : il y en aura pour tout le monde. Il était difficile qu’ils ne se fissent point, de M. de Vriès, l’idée d’une réserve de nourriture vivante embarquée pour les explorateurs. Comment ceux-ci auraient-ils dit qu’il était bon, s’ils n’avaient été à même d’apprécier sa qualité, et la quantité de sa corpulence ? Il est avéré d’ailleurs, pour quiconque a lu des récits de voyages, que les explorateurs ne rêvent que mangeailles. M. Rouyer avoue que, certains jours de disette, ils “se garnirent l’estomac de chenilles, vers, sauterelles, femelles de termite…, insectes d’une espace rare et nouvelle pour la science.” Cette recherche des insectes rares a dû paraitre aux indigènes un raffinement de gloutonnerie ; quant aux boites de collections, il était impossible qu’ils ne les prissent pas pour des conserves extraordinaires réclamées par des estomacs pervertis, tels que nous autres civilisés nous figurons ceux des anthropophages.
Foitar, chef des Papous, proposa à M. Rouyer de lui céder deux prisonniers de guerre contre M. de Vriès et le boy Aripan. M. Rouyer repoussa cette offre avec horreur… Mais il s’empara clandestinement des deux prisonniers de guerre. Nous ne voyons pas de différence entre cette opération et celle du filou qui repousserait, avec non moins d’horreur, l’invite de payer une somme pour l’acquisition d’un ou plusieurs gigots, mais déroberait, le boucher absent sur la foi des traités, ces membres comestibles. M. Rouyer a enlevé les deux prisonniers. Qu’a fait M. Foitar, chef des Papous, en prenant livraison du boy et de M. de Vriès, sinon percevoir le légitime montant de sa facture
Il y a, annoncions-nous en commençant, une seconde manière, pour une mission anthropophagique, de ne point revenir, et cette méthode est la plus rapide et la plus sûre : c’est si la mission n’est point partie.

Jarry — Faustroll 1911 — Spéculations — Gestes et opinions du docteur Faustroll

Une news des Spéculations appartenant aux “Gestes et opinions du docteur Faustroll” d′Alfred Jarry — On en parle : La Revue blanche (1901) — Via WikiSource — La une, la deux, la trois, la quatre ou encore ici, des suites sont à prévoir !


10 avril 2011 / sosthye

Langue de bois


Toujours… rien à dire !

Chers membres, quelle joie d′être en votre ville.

Tout d′abord je vous informe que la prise en compte des paramètres sociaux culturels nous permet aujourd′hui d′être particulièrement fiers des conditions appropriées à notre croissance.
Par ailleurs l′augmentation constante de la qualité garantit un potentiel important dans la perennisation d′un système de virtualisation correspondant à nos besoins avérés.
Ainsi, il faut remarquer que la prise en compte des paramètres sociaux culturels nécessite de fait la détermination précise d′un engagement total de notre potentiel.
De même, il faut noter que le modèle que nous proposons repose sur la certitude de la valeur de notre efficacité.
Cependant il faut signaler que notre objectif déclaré nous permet aujourd′hui d′être particulièrement fiers de la valeur de notre efficacité.

Félicitations. Votre député.

Inspiré du “Guide à l′usage des pédagogues débutants pour un discours universel”.

Crayon

Généré en — presque — charabia !


5 avril 2011 / sosthye

Callipyges !


Aux belles… fesses !

Callipyges

Callipyge !

Expression issue du grec, mot à mot “belles fesses” ; désigne depuis la vulgarisation de l’histoire de l’Art toutes les représentations outrancières des fesses féminines, de la “Vénus noire” de Vestonice (en Tchéquie) âgée de près de 26 000 ans, aux “Quatre sorcières” d’Albrecht Dürer (1471-1528), ou encore les “Pénitentes” de Charles Monnet (1732-1808) par exemple. Stéatopyge: Chez la femme obèse, surcharge graisseuse des fesses, massive et inesthétique. — Via FemmesPlus.
Stéatopyge: adjectif. Qui est caractérisé par un développement exagéré du tissu adipeux des fesses; qui a de très grosses fesses.


3 avril 2011 / sosthye

Entendus…


Alors… rien à dire !

Folie
  • À la morgue on nous met dans des tiroirs, on finit tous bureaucrates !
  • À la naissance le nain est normal, c′est en grandissant qu′il rapetisse
  • Ah oui, c′est le jeu où il faut trouver le mot le plus court en cinq lettres
  • Alors la bagnole, elle est revenue sur ses pas…
  • Avec le cordon ombilical, moi j′avais déjà le téléphone
  • C′est économique à chier, les lentilles, c′est déjà marron…
  • C′est malheureux à dire, mais les seuls profs qui s′intéressent encore aux gosses, c′est les pédophiles
  • C′est pas du racisme de dire qu′ils sont trop nombreux
  • Ça sert à quoi d′avoir différentes sortes de nouilles ?
  • Ça m′inquiète de prendre la voiture bourré mais en ce moment j′ai pas le choix, je suis tout le temps bourré
  • Ce qui ne va pas dans la société, c′est les gens
  • Dans les bars à huîtres, elles boivent quoi les huîtres ?
  • De mon temps ils avaient pas encore inventé les kiwis… les brocolis non plus.
  • Depuis hier j′ai des fourmis dans les jambes
  • Déterrer Yves Montand, franchement, ça vaut pas Toutankhamon
  • 2000 c′est pas une vraie date, c′est une date publicitaire
  • Elle embrasse pas son chien, elle se lave avec
  • En moto, tu peux boire plus qu′avec la voiture, le vent ça dessoûle
  • Faudrait lui passer la cervelle au Karcher tellement il est con
  • Faut vachement de volonté pour être un glaçon dans les pays chauds…
  • Heureusement que la lumière est revenue, parce que à marcher dans le noir, j′aurais pu tomber par terre sans m′en apercevoir.
  • Il a perdu son taxi parce qu′il buvait trop, maintenant il est chauffeur de car en Bretagne
  • Il en faut des pauvres, ça fait des exemples pour les gosses
  • Il fait vachement lourd aujourd′hui, il fait plusieurs kilos !
  • Il faudrait qu′à l′auto-école on nous apprenne à conduire bourrés, on apprend bien la conduite sur glace
  • Il faudrait renvoyer tous les socialistes dans leur pays !
  • Ils ont dit qu′il allait pleuvoir et ils l′ont fait
  • Ils sont trop différents, c′est un peu comme le roi des villes et le roi des champs…
  • J′ai joué la date de naissance de ma femme, celle de sa mère et celle de ma fille, j′ai pas eu un seul numéro ! Pas un ! C′est vraiment une famille de cons !
  • J′ai la lune à coté de chez moi, des fois je la regarde.
  • J′aime pas aller à la piscine, tout le monde te regarde si tu te noies, c′est la honte
  • J′aurais 30 ans de moins, la serveuse, je te la niquerais dans l′arrière salle… même que j′aurais peut-être des sentiments…
  • J′envoie jamais de carte postale, les mecs de la poste peuvent lire si t′as un temps de merde et ça les regarde pas.
  • J′étais ivre mort et j′ai pas pris ma bagnole, c′est bien, non ?
  • Je lui ai dit « une banane c′est pas érotique, c′est diététique », elle m′a regardé d′un drôle d′air
  • Je me souviens qu′on voyait bien la route, alors on n′était pas tellement saouls finalement
  • Je me suis inscrit au club « Gym-Santé » il y a deux mois, et je n′ai pas perdu un seul kilo. J′ai téléphoné pour gueuler, le mec il a osé me répondre qu′il fallait participer aux activités.
  • Je me suis réveillé de la sieste en croyant que je travaillais…
  • Je n′achète rien quand c′est fabriqué par des enfants du tiers-monde, ça se casse tout de suite
  • Je ne parle pas aux mecs qu′ont des boucles d′oreilles.
  • Je serais chercheur, moi je saurais pas quoi chercher
  • Je suis chômeur occasionnel et en ce moment c′est l′occasion
  • Je suis le plus grand auteur maudit, j′ai jamais écrit une ligne
  • Jeanne d′Arc, elle avait son portable !
  • L′apéritif concert, j′y vais pour la musique parce que de l′apéritif j′en ai à la maison
  • L′haltérophile arrive, il soulève le poids, il se repose, il a fini sa journée. 10 secondes de boulot ! Là, on est battus….
  • La fin du monde, c′est mieux à la campagne, tu te fais pas piétiner…
  • La femme la plus intelligente que je connais, c′est une connasse
  • La forme de l′eau, on la sait quand ça gèle
  • La francophonie qui finira par gagner, c′est celle des Anglais
  • La lumière, même si tu éteins, elle est cachée là
  • La où il y a un arbitre, il y a un pot de vin
  • La politique c′est comme les mains, t′as une droite et une gauche, t′as besoin des deux, mais tu te serres quand même plus de la droite, sauf les gauchers mais ils sont pas beaucoup
  • La viande la plus chère, c′est le footballeur
  • La violence à la télévision, ça ne rend pas violent : quand tu regardes le pape, tu deviens pas pape !
  • Le dernier tiers provisionnel, c′est 25% je crois.
  • Le désert du Sahara, c′était une mer
  • Le flic, il me dit : « Faut mieux être pauvre que voleur », je lui réponds « l′un n′empêche pas l′autre » et v′la qui me balance une baffe !
  • Le lama, je pige, dalaï, je vois pas ce que c′est
  • Le mariage des pédés, ça va obliger le pâtissier à poser des pédés sur le gâteau
  • Le naturisme, sur le dépliant c′est des jeunes filles à poil sur la plage mais quand tu y es, c′est que des retraités de la SNCF
  • Le one man show qui a le moins de succès, c′est le prof de maths
  • Le pire danger quand on est bourré c′est les routes droites
  • Le plus grand mutimedia, c′est le kiosque à journaux
  • Le sable est une des matières les plus dures qui existent… d′ailleurs ça gratte dans le slip
  • Le seul temps réel, c′est quand on est assis, sinon ça change, comme il a dit, Einstein
  • Le théâtre c′est bien, mais c′est le public qui est con
  • Le vert c′est un mélange de bleu et de jaune. Ceci dit, la salade verte ça peut pas être un mélange de salade bleue et de salade jaune. La salade verte, c′est le mystère !
  • Les clochards, ils ont tous une Mercedes, mais comme ils se lavent jamais, je te dis pas l′odeur de la bagnole.
  • Les combats de coqs, c′est terrible, il se dressent sur leurs pattes et ils montrent les dents.
  • Les extraterrestres, ils sont tout petits, il paraît qu′il y en a dans les yaourts
  • Les flamants roses ont des grosses couilles mais dans les plumes on les voit pas bien.
  • Les icebergs et les montagnes c′est pareil, t′as un tiers qui dépasse et le gros bout il est sous terre.
  • Les livres, j′aime pas le sujet
  • Les mecs qui font la manche, ils sont pas manchots
  • Les nuages écoutent la météo, et ils font le contraire
  • Les peintures de Lascaux on trouve ça génial, mais si ça se trouve à l′époque personne en voulait chez lui
  • Les souffleurs de verre, dès qu′ils sont à la retraite, ils aspirent
  • Ma femme, elle veut absolument qu′on achète des volets, ça ne sert à rien on ne baise plus.
  • Même si un jour on peut attraper le monstre du Loch Ness, on arrivera jamais à le foutre dans un cirque, faudrait trop d′eau.
  • Moi je croyais qu′au rugby fallait toucher les couilles de l′adversaire, on m′a expliqué que c′était pas ça, du coup j′ai fait du basket.
  • Moi, je serais pédé, j′essaierais de ne pas me faire remarquer.
  • Moi, si ma femme me trompe, j′arrête de boire, comme ça je serais tout le temps à la maison, elle serait bien emmerdée.
  • Nous on l′a à quatre kilomètres de la maison, le soleil qui se couche
  • On croit qu′on est des poussières dans l′univers, et on est des mecs au bistrot.
  • On dit que la lumière du soleil va très vite, en attendant elle met toute la nuit avant d′arriver !
  • On est rentré par le même chemin mais dans l′autre sens
  • On voit tellement de vieux dans le quartier, on dirait qu′ils ont ouvert une maternité de vieux
  • Parce que tu crois que c′est facile, toi de mettre des sardines dans une boite, sans laisser de vide ?
  • Plus les maisons sont moches, plus le son de la télé est fort
  • Quand j′étais petit, je ne savais même pas ce que c′était qu′un restaurant chinois. Et ça ne me manquait pas ! C′est comme ça qu′on crée des besoins artificiels, c′est ça la société de consommation.
  • Quand King-Kong escalade la tour, normalement les gens dans les bureaux devaient lui voir ses grosses couilles collées aux vitres.
  • Quand on voit ce que consomment les bagnoles, c′est pas un exemple pour les chauffeurs
  • Quand tu tues ta femme, c′est pas la peine de prendre la fuite, elle va pas te courir après
  • Si c′est toi qui décides de boire, c′est pas comme un microbe, Si c′est le microbe qui décide, c′est une maladie.
  • Si j′apprends qu′un mec profite de ce que je suis bourré pour me faire une pipe, j′aurais trop honte, je me suicide.
  • Si on n′existait pas, il nous arriverait rien
  • Si on renvoyait tous les produits qui ne sont pas « made in France » dans leur pays, je te dis pas le bordel…
  • Sur Internet, c′est la foule avec l′avantage qu′il n′y a personne
  • Tant qu′elle est pas ouverte, l′huître sait pas qu′elle est dans la cuisine avec des gens qui la regardent
  • Tu aspires l′air, ton sang il est rouge, tu recraches il est bleu, je l′ai appris à l′école, c′est comme ça que c′est fait dedans
  • Tu sais que sur une tête d′épingle, il y a plein d′anges ?
  • Tu te rends compte, les mutins avaient réussi à prendre le directeur de la prison en otage. – Je te foutrais tout ça en taule moi !
  • Tu vois les chats, ça boit pas d′alcool, c′est toujours très propre, mais à 20 ans ils sont morts.
  • Un cadavre ça pue mais tu t′en fous, quand t′es mort c′est pas pour aller danser
  • Un clochard, c′est pas forcement un pauvre, c′est pour ça que je donne rien. Ce qu′il faudrait c′est une carte de pauvre
  • Une journée sans voiture! t′as vu le bordel ? des embouteillages partout ! dans ce cas là qu′ils fassent une journée sans pognon!
  • Vaut mieux boire à 9 heures du matin parce qu′à cette heure là les gendarmes pensent à autre chose qu′à faire souffler
  • Y faudrait un distributeur d′apéros dans le mur pour quand ça ferme, pareil que les banques

Vu sur le Wiki d′EcholaListe.


30 mars 2011 / sosthye

Le cancre !


Il était une fois… l′école !

Maths sexy

Le cancre

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu′il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Jaques Prévert


28 mars 2011 / sosthye

Sépia !


Juste une image que… j′♥ bien !
Sépia sexy
Super xexy ! Non ?


27 mars 2011 / sosthye

Et ils eurent…


Princesse… grenouille !

Be happy

 

Il était une fois un roi qui avait trois fils. Un jour, il leur dit:
– Mes fils, il est temps de vous marier. Voici pour chacun de vous un arc et une flèche. Vous allez tirer dans une direction différente et vous prendrez pour femme celle qui ramassera votre flèche.
Chacun tira sa flèche puis alla voir où elle était tombée. Celle du fils aîné était tombée dans le jardin d’un général et la fille du général l’avait ramassée. Alors le fils aîné lui demanda de l’épouser. La flèche du deuxième fils était tombée dans la cour d’un marchand et la fille du marchand l’avait ramassée. Alors le deuxième fils lui demanda de l’épouser. La flèche du fils cadet était tombée très loin, dans un marécage. Longtemps il la chercha en se disant : “Hélas, ma flèche est tombée dans un marécage. Comment trouver une femme ici ?” Tout à coup, il entendit une petite voix qui disait ;
– Prince Ivan, voici ta flèche.
Il regarda tout autour de lui: personne.
– Prince Ivan, regarde à tes pieds, dit la petite voix.
Il regarda par terre et vit une grenouille qui tenait la flèche dans sa bouche.
– Merci, petite grenouille, d’avoir trouvé ma flèche, lui dit-il.
– Je suis très heureuse de t’avoir rendu ce service, répondit doucement la grenouille, et j’espère que je serai une bonne épouse pour toi.
– Quoi, s’écria le prince Ivan, tu crois que je vais t’épouser ? La petite grenouille le regarda avec des yeux si brillants qu’on aurait dit qu’ils étaient pleins de larmes. Elle lui dit ;
– C’est moi qui ai trouvé ta flèche et tu ne veux pas m’épouser?
Alors le prince Ivan prit la grenouille et retourna au palais. Les trois fils revinrent devant le roi et chacun raconta comment il avait retrouvé sa flèche. Puis les deux aînés présentèrent leurs fiancées qui firent de belles révérences au roi. Quand vint son tour, Ivan sortit la grenouille de sa poche et dit:
– C’est elle qui a trouvé ma flèche.
– Alors mon fils, il faut que tu l’épouses, répondit gravement le roi.
– C’est justice, dit le frère aîné.
– C’est justice, dit le deuxième frère.
Ivan pleura beaucoup mais on célébra ses noces avec la grenouille. Pour que personne ne marche sur elle, un serviteur la tenait sur un plateau.

Quelques temps après, le roi dit à ses fils:
– Je veux savoir laquelle de mes belles-filles est la plus habile. Demandez à vos épouses de tisser un tapis.
Maintenant qu’elles étaient princesses, la fille du général et la fille du marchand ne voulaient plus travailler. Elles commandèrent :
– Nourrice, tisse un tapis pour le roi !
Maintenant qu’elles étaient au service d’une princesse, les nourrices ne voulaient plus se fatiguer à tisser. Elles commandèrent :
– Servante, tisse un tapis pour le roi !
Alors les servantes se dépêchèrent de tisser un tapis, mais elles n’étaient pas très habiles.
En entendant l’ordre du roi, Ivan se sentit très triste et rentra chez lui en pleurant. La petite grenouille s’avança à sa rencontre en sautillant.
– Oh ! Mon gentil prince, pourquoi pleures- tu ? demanda-t-elle.
– Les épouses de mes frères vont tisser de beaux tapis pour le roi mon père, mais toi, tu ne sais pas tisser, dit Ivan en soupirant.
– J’ai promis d’être une bonne épouse pour toi et je ferai tout ce qu’une bonne épouse doit faire, répondit la grenouille. Va te coucher et dors tranquille, je m’occupe de tout.
Pendant qu’Ivan dormait, la princesse quitta sa peau de grenouille et se transforma aussitôt en une belle jeune fille. Elle ouvrit la fenêtre et vit une araignée qui tissait sa toile dans l’embrasure. Elle demanda:

“Araignée de la nuit,
S’il te plaît, donne-moi
Un peu de ton fil de soie.”

Et l’araignée lui donna du fil de soie. Puis elle dit à la lune :

“Lune de printemps
S’il te plaît, donne-moi
un rayon d’argent.”

Et la lune lui donna un rayon d’argent.
Puis la princesse-grenouille prit des fleurs dans un vase et avec tout cela elle tissa un tapis. Quand le prince Ivan se réveilla, il trouva la grenouille assise sur un coffret. Elle lui dit :
– Mon gentil prince, ce que tu m’as demandé est dans ce coffret. Attends que tes frères aient offert leur cadeau au roi pour lui offrir le tien. Le roi fit appeler ses fils et l’aîné présenta le tapis que lui envoyait son épouse.
– Peuh ! dit le roi, les servantes de mon palais en font autant.
Le deuxième fils présenta le tapis offert par son épouse.
– Peuh ! dit le roi, les servantes de mon palais en font autant.
Alors, Ivan s’avança, ouvrit le coffret et déplia le tapis tissé par la grenouille. Tous les courtisans assemblés poussèrent des oh ! et des ah ! le tapis était doux comme de la soie et brillait tellement que toute la salle était illuminée d’argent. Son dessin représentait un merveilleux jardin rempli de toutes sortes de fleurs, si belles qu’à les voir on croyait sentir le parfum des nuits d’été. Le roi fut ravi de ce cadeau et il dit à Ivan:
– Je te remercie. Je serai heureux de voir danser ta femme au grand banquet qui aura lieu demain soir.
Et il ajouta, pour ses autres fils :
– Vos épouses sont invitées elles aussi.

Ivan rentra chez lui encore plus triste que la fois précédente. Il dit à la grenouille :
– Demain soir, il y a un banquet où danseront les belles-filles du roi. Les épouses de mes frères vont danser mais toi, qu’est-ce que tu vas faire ? Tu va sautiller en faisant couac ! couac ! et moi, je vais mourir de honte.
– Demain tu partiras seul au banquet, répondit la grenouille. J’arriverai au bout d’une heure. Ne t’inquiète pas, le roi sera aussi content de ma danse que de mon tapis.
Quand Ivan arriva au banquet, ses belles-soeurs se cachèrent pour rire : “Hi ! Hi ! Il n’a pas osé amener sa grenouille!”
Pendant ce temps, la grenouille avait repris son apparence de jeune fille, et se préparait, seule dans sa chambre. Elle se coiffa, se fit belle puis partit pour la salle de banquet. Dès qu’elle entra, tous les regards se portèrent sur elle et il se fit un grand silence. En un instant, Ivan comprit qu’il s’agissait de sa femme, mais déjà tous les courtisans, les comtes, les ducs, les princes, se précipitaient pour lui offrir leur bras et Ivan eut bien du mal à parvenir jusqu’à elle. Enfin il réussit à la prendre par la main pour la conduire à table.
Les belles-soeurs étaient muettes d’étonnement. Elles se dirent :
“Nous nous sommes trompées, ce n’est pas un grenouille, c’est une magicienne!” Elles observèrent tout ce que faisait la princesse et la virent des os dans sa manche droite et verser du vin dans sa manche gauche. Alors, elles firent la même chose. À la fin du banquet, quand le roi demanda aux épouses des fils aînés d’ouvrir le bal, elles refusèrent en disant :
– Nous laissons l’honneur de commencer à l’épouse d’Ivan, car elles voulaient observer ses gestes.

Alors la princesse se leva et se mit à danser avec Ivan, aussi légère qu’une plume. Quand elle agitait sa manche droite, on voyait des oiseaux. Quand elle agitait sa manche gauche, on voyait des paysages de montagnes ruisselantes de cascades. Les autres belles-filles se mirent à danser, en imitant ses gestes; mais quand elles agitèrent leur manche droite, elles lancèrent les os sur la tête des invités, et quand elles agitèrent leur manche gauche, elles les inondèrent de vin. Tout à coup, ping ! le roi reçut un os de dinde sur le nez, et splatch ! du vin dans les yeux ! Alors il se mit très en colère et frappa dans ses mains pour arrêter la danse :
– Ça suffit, ça suffit ! vous deux, allez vous asseoir ! dit-il aux épouses de ses fils aînés.
Le bal dura longtemps car tous les invités voulaient danser avec la princesse. Pendant ce temps, Ivan rentra chez lui, trouva la peau de grenouille et la brûla. Quand la princesse arriva, elle se mit à chercher la peau mais il lui dit :
– Tu ne la trouveras pas, je l’ai brûlée ! Maintenant, tu es ma femme pour toujours. Il la prit dans ses bras et cette nuit-là, ils dormirent ensemble.

Au petit matin, la princesse dit à Ivan :
– Tu as été trop impatient. Cette nuit, j’ai été ta femme mais je ne peux pas rester près de toi. Adieu ! Si tu m’aimes, cherche-moi dans le trentième royaume. Et elle disparut.

Alors Ivan partit à sa recherche. Pendant des mois, il marcha, marcha, demandant partout : “Connaissez-vous le chemin du trentième royaume ?” mais, personne ne pouvait lui répondre. Un soir, alors qu’il était bien fatigué, il vit au bord du chemin une maisonnette montée sur des pattes de poule, le devant tourné vers la forêt, le dos vers la route. Il lui dit :
– Petite maison, petite maison ! Tourne-toi comme ta mère t’avait placée: le devant vers la route, le dos vers la forêt. Alors la maison se tourna vers lui, la porte s’ouvrit et une vieille femme sortit.
– Bonsoir, grand-mère, dit Ivan. J’ai marché toute la journée et je suis bien fatigué. Pourrais-tu me donner un morceau de pain et un coin pour dormir ?
– Entre mon enfant, entre ! répondit la vieille. Ivan entra, sans ce méfier. Il ne savait pas qu’il était chez Baba-Yaga, la terrible sorcière ! Il mangea et dit à la vieille :
– Merci, bonne grand-mère. Dis-moi, toi qui as vécu longtemps, peut-être as-tu entendu parler du trentième royaume ?
– Que veux-tu aller faire dans le trentième royaume demanda Baba-Yaga, en plissant ses petits yeux.
– Je veux retrouver ma femme. C’est là qu’elle a disparu.
– Alors tu es le prince Ivan, reprit Baba-Yaga. Intéressant, très intéressant …
– Comment sais-tu mon nom ? demanda Ivan, étonné.
– J’ai entendu parler de ton histoire. Ta femme est prisonnière de Katcheï l’immortel, le maître du trentième royaume. Pour la retrouver, tu devras marcher longtemps encore, jusqu’à la mer. Au milieu de la mer, il y a une île, c’est le royaume de Katcheï.
– Je vais y aller et je tuerai ce brigand, s’écria Ivan.
– Laisse-moi parler, prince Ivan, dit Baba-Yaga. Tu ne pourras pas tuer Katcheï, ni par le fer, ni par le feu. Il est immortel, mais moi, je sais où est caché sa mort. Écoute-moi bien. Sur le plus haut sommet de l’île, il y a un chêne ; sous le chêne est enterré un coffre. Dans le coffre, il y a un lapin, dans le lapin, une cane. La cane porte un oeuf dans son ventre. Dans l’oeuf il y a la mort de Katcheï. Détruis l’oeuf et tu détruiras Katcheï. Alors, moi, Baba-Yaga, je serai vengée de mon pire ennemi ! Et la sorcière, au lieu de dévorer Ivan ou de le changer en pierre, le laissa partir, pour qu’il cherche la mort de Katcheï.

Il marcha longtemps et enfin arriva au bord de la mer. De petits poissons s’amusaient à sauter au milieu des vagues ; l’un d’eux sauta trop haut : il tomba sur le sable et se mit à se tortiller, sans pouvoir regagner la mer. Ivan l’attrapa et dit :
– Tu tombes bien. J’avais très faim, je vais te manger !
– Non, je t’en prie, ne fais pas de mal à mon fils, dit un gros poisson en sortant la tête hors de l’eau. Remets-le dans la mer et je te rendrai service. Alors Ivan rendit le poisson à son père. Puis il se mit à marcher, tout le long de la plage, cherchant une barque ou un pont, un moyen d’accéder à l’île. Mais il ne trouvait rien.
– Tu veux traverser la mer ? dit une voix.
C’était le gros poisson.
– Oui, dit Ivan. Est-ce que tu peux m’aider ?
– Grimpe sur mon dos, répondit le poisson.
C’est ainsi qu’Ivan traversa la mer, arriva sur l’île et commença à gravir la montagne. Il avait toujours très faim. Tout à coup, il entendit un bruit dans un buisson : c’étaient deux petits loups qui jouaient. << Ma foi, se dit Ivan, c’est mieux que rien. >> Il tira son poignard pour les égorger mais une voix cria :
– Non, non !
À cent mètres de lui, une louve le regardait d’un air suppliant.
– Je t’en prie, dit-elle, ne tue pas mes petits et moi je te rendrai service. Alors Ivan rendit les petits loups à leur mère. Il continuait à gravir la montagne quand deux boules de fourrure roulèrent à ses pieds : c’était deux oursons. Il leva son poignard mais une voix cria :
– Non, non !
Du haut d’un rocher, la mère ours l’appelait :
– Je t’en prie, ne tue pas mes petits et moi je te rendrai service. Alors il rendit les petits ours à leur mère et continua son chemin. Là-haut, dans le ciel, planaient deux aigles, un gros et un petit. Comme le petit se posait sur un arbre, Ivan prit son fusil et le visa. Mais la maman aigle s’écrait :
– Non, je t’en prie, ne tue pas mon petit et moi je te rendrai service ! Alors Ivan abaissa son fusil et reprit sa marche.
Enfin, il arriva en haut de la montagne. Le chêne se dressait au milieu d’un amas de rochers. Comment creuser pour trouver le coffre ? Ivan essaya de bouger les rochers mais il ne les déplaça pas d’un centimètre. C’est alors qu’arriva l’ourse. D’un coup de patte, elle déracina le chêne et souleva les rochers. Ivan trouva le coffre mais quand il l’ouvrit, frrrt ! le lapin s’échappa et se mit à dévaler la montagne. Ivan s’élança à sa poursuite en courant de toutes ses forces. Peine perdue, le lapin disparut dans la forêt et Ivan dut s’arrêter, à bout de souffle. Mais quelques instants plus tard, il vit la louve sortir de la forêt et venir vers lui, tenant dans sa gueule le lapin. Vite, il lui ouvrit le ventre… et la cane s’envola à tire-d’aile ! Désespéré, impuissant, Ivan regardait vers le ciel quand tout à coup, il vit un éclair noir fondre sur la cane : c’était l’aigle. Il lui apporta la cane. Ivan la posa à terre, s’agenouilla, prit le poignard et lui ouvrit le ventre : l’oeuf était dedans…

C’est alors qu’une ombre se dressa devant le jeune prince. Il releva la tête et vit un homme tout habillé de noir, très pâle, qui le regardait fixement.
– Ne touche pas cet oeuf, dit l’homme d’une voix pressante, surtout ne le touche pas !
– Tu es Katcheï ! s’écria Ivan.
– Oui, dit l’homme. Je dormais dans mon palais mais mon corps a tremblé dès que tu as ouvert le coffre. Tu veux ta femme ? Je vais te la rendre. Je te donne aussi toutes les princesses qui sont prisonnières dans mon palais et toutes mes richesses, mais donne-moi l’oeuf. Ivan prit l’oeuf et demanda :
– Où est ton palais ?
– De l’autre côté de la montagne. Donne-moi l’oeuf, bientôt tu seras riche, répondit Katcheï.
Tout doucement, il s’approchait d’Ivan et tendait ses mains tremblantes pour s’emparer de l’oeuf. Alors Ivan brisa l’oeuf contre un rocher. Katcheï poussa un grand cri ; il s’écroula par terre et aussitôt, son corps fut réduit en poussière.

Ivan passa de l’autre côté de la montagne et pénétra dans le palais d’or et d’argent du magicien. Là, il trouva beaucoup de princesses que Katcheï avait faites prisonnières mais il ne les regarda pas. Il chercha dans toutes les chambres jusqu’à ce qu’il retrouve sa femme. Alors il l’embrassa et la fit monter dans le chariot volant du magicien. Ivan et son épouse retournèrent chez eux et ne se quittèrent plus jamais.

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